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"le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne et la plus fatale des maladies des républiques"
- Plutarque

Sunday, February 23, 2014

L'Europe à la traîne

Dans une enquête de 68 pages publiée récemment, la Croix Rouge Internationale révèle que, à la suite de la crise financière et en lien direct avec les politiques d'austérité, plus de 120 millions d'européens risquent de basculer dans la pauvreté et que 40 millions ne peuvent déjà pas manger à leur faim. La secrétaire générale de la Federation Internationale de la Croix Rouge (FICR), Madame Bekele Geleta, a déclaré que tandis que d'autres continents ont réussi à réduire la pauvreté, en Europe celle-ci est à la hausse. L'étude de la Croix Rouge a utilisé les données d'Eurostat recueillies dans 52 pays européens.

L'enjeu le plus grave n'est pas seulement la situation des pauvres qui deviennent ainsi encore plus pauvres, mais l'apparition d'une nouvelle catégorie de gens qui auparavant n'ont jamais fait appel aux prestations sociales. Ces « nouveaux pauvres » sont des membres de la classe moyenne qui depuis quelque temps ont du mal à nourrir leur familles. En 2012 3,5 millions d'européens ont été contraints de faire appel à la Croix Rouge pour des dépannages alimentaires, une augmentation de 75% depuis 2009.

Les graves problèmes humanitaires – pauvreté, chômage, instabilité sociale – signalés par l'enquête ont frappé non seulement des pays comme la Grèce et l'Espagne, mais touchent également l'Allemagne et la France. Selon le représentant de la Croix Rouge française, un tiers des bénéficiaires d'aide n'auraient pas été capables de régler leur loyer en l'absence des dons alimentaires de l'organisation.

Le sondage a mis à nu la précarité des conditions de vie de beaucoup d'employés allemands. Presque 25% de la force ouvrière allemande travaille pour des salaires très bas et les emplois crées depuis 2008 sont des CDD à faible rémunération qui ne sont pas accompagnés de couverture sociale. Par conséquent 600,000 de salariés allemands ne gagnent pas assez d'argent pour vivre et les célèbres « micro-jobs » allemands ont débouché sur l'insécurité de l'emploi.

La situation de la pauvreté est estimée si grave qu'elle a suscité cette réaction de Madame Anita Underlin, chargée de l'activité de la Croix Rouge en Europe :

« il faut faire attention que cette crise humanitaire ne se transforme pas en une crise sociale et morale en Europe ». (Deutsche Welle)

Saturday, February 15, 2014

The fight against poverty in France

When right-wing politicians are talking poverty these days, they like to blame people down on their luck for their problems and stigmatize them as “lazy”, prone to cheat the social security system and more interested in getting handouts from the government than look for a job. This kind of political attitude is more widespread within the UMP, the great loser of the 2012 presidential elections, and harks back to the diatribes against the poor chronicled in 18th century England.

In fact, as François Chérèque - inspector-general for social affairs in charge of the French government’s Plan Against Poverty - has recently explained on public television, the poor are not ones to milk the social system, they’re the ones who don’t know how the system works. Had it been otherwise, some 5,4 billion euros earmarked in the state budget to help the poor would not remain unclaimed every year.

Political disputes along ideological lines apart, because of the dire economic conditions the number of people living below the poverty line has reached a peak in 2011. According to INSEE, there are now about 8,7 million people or 14,3 % of the population earning less than 977 euros a month. Emergency accommodation and social housing are still in short supply and the administrative procedures for claiming entitlements are cumbersome and in many ways dissuasive (La Croix).

On the 21st of January, 2013, however, the French government had adopted a 5-year plan for fighting poverty which was personally endorsed by President François Hollande. One year down the track, even as snags in its application still exist, progress has been made: in simplifying procedures for access to free medical care by poor people, in the provision of year-round emergency accommodation and a campaign aimed at better informing the needy about existing benefits and entitlements.

According to the report M. Chérèque presented last month to the government, much remains to be done towards improving the access of low-income families to social housing, assisting disadvantaged children to overcome difficulties in getting free meals in school cafeterias and in further simplifying procedures for claiming the full range of entitlements which are available to the poor. Citing the growing number of long-term unemployed, however, the authors of the report do not expect the situation to improve significantly until economic growth resumes and, with that, employment prospects for people currently on the dole.

Sunday, February 2, 2014

Barack Obama lutte contre la république bananière

Washington D.C. 28 janvier,2014 - Lors de son discours sur l’état de l'Union, le President Barack Obama a annoncé que la priorité absolue de son administration sera celle de combattre vigoureusement les inégalités qui rongent le tissu social de la république américaine.

En effet, la situation des inégalités entre riches et pauvres aux Etats Unis est bien pire qu'on ne le pense. D’après The Pew Institute (USA) et l'économiste Paul Krugman, entre 2008 et 2012 la plupart de la richesse créée par l'économie américaine, c'est-à dire 95 % du total, s'est retrouvée dans les comptes du top 1 % des ménages les plus fortunés des Etats Unis. Encore plus alarmant, la traditionnelle mobilité sociale qui caractérisait autrefois l'Amérique a tout simplement cessé de fonctionner, tandis que 15 % de la population du pays vit toujours sous le seuil de pauvreté.

L'augmentation du salaire minimum proposée par le Président Obama, de 7,50 à 10,10 dollars de l'heure, pourrait diminuer sensiblement la pauvreté et les inégalités salariales. Malheureusement, cette mesure est censée d'être appliquée pour l'instant seulement aux employés fédéraux, car le Congrès - dominé depuis 2010 par le Parti Républicain – s'obstine à bloquer le passage d'une loi généralisant une telle augmentation. En vérité, Président Obama est contraint de se contenter de gouverner par décret afin d’éviter le blocage parlementaire. Cependant, il doit faire appel au bon sens du public américain qui, à son tour, est devenu très inquiet par le fossé grandissant entre les hauts et les bas revenus. La guerre la plus longue de l'histoire des Etats Unis, la guerre contre la pauvreté, déclenchée il y a 50 ans par le Président Lyndon B. Johnson, est encore loin d'être gagnée.